Le gong a sonné. Point de bégaiement. Le gong a sonné le renouveau des arts plastiques au Bénin. Le ciel, au départ assombri, faisant planer un ouragan de type Sandy a fini par laisser place à une nuée de colombes dont l’immaculée blancheur vient vernir la terre. Toutes les rancœurs se sont tues. Je suppose ! Toutes les tentatives de déstabilisation sont rangées. C’est ce que je crois ! Plus de guerre froide. Plus de pique empoisonnée. Plus de divergences.

Chut ! Ici, on crée. L’art s’émancipe. L’art occupe l’espace, tout l’espace pour embellir le regard. L’art est roi. Il renvoie l’artiste derrière lui pour se laisser voir, admirer, convoiter, sublimer, aduler, charmer… L’art est dans la cité à travers cette première édition de la Biennale Regard Bénin. L’art est là, à une intensité qui fait oublier pour de bon l’édition zéro de la Biennale, celle de l’expérimentation. Les œuvres sont d’une beauté légendaire. Toutes les techniques se côtoient. Toutes les tendances frappent à nos portes. Les couleurs bouillonnent. Les formes sont des plus expressives, à des dimensions variables.

C’est la Biennale Regard Bénin qui vient d’ouvrir officiellement ses portes au Centre culturel Artisttik Africa, au quartier Agla à Cotonou, ce samedi 10 novembre.

L’artiste Julien Vignikin est la vedette de l’événement. Ces œuvres, créées sur place, occupent le centre sur plusieurs paliers. Il y a de la matière à profusion. Du beau à voir et à revoir. De l’esthétique à consommer sans lassitude.

Il suffit de se donner la peine d’une visite dans le centre Artisttik Africa et on n’a plus envie de repartir. Julien Vignikin capte toute l’attention par ses belles créations qui jouent entre toile, installation, performance et design. Son travail plonge au cœur de la problématique de l’art contemporain : s’approprier la banalité, le déchet, l’obsolète pour lui donner de la valeur, une vie nouvelle et souvent même éternelle.

L’art de Julien Vignikin synchronise de fort belle manière avec l’avancée du temps. Il mêle des notions temporelles, présent, passé, futur et, d’une certaine façon, abolit les frontières entre ces trois espaces temps. L’œuvre vit et donne à vivre.

Le rendez-vous est pris. Donc un tour au Centre culturel Artisttik Africa et dans trois cents habitations qui accueillent aussi des œuvres artistiques avec le projet AQA (Agla Quartier des Arts).  

Mais la Biennale Regard Bénin s’est aussi installée à l’Imprimerie nationale dans la ville capitale, Porto-Novo. Des artistes venus d’Allemagne, du Brésil, de Cuba et d’autres pays du monde ont complètement changé, grâce à leurs créations, le décor barbon, suintant et abject de ce lieu historique qui porte le sceau du Journal officiel.

La Biennale est également sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi avec les étudiants en histoire de l’art. Elle occupe, par ailleurs, de l’espace au Centre commercial Kora où exposent d’autres artistes internationaux. A cette liste, s’ajoute la Médiathèque des Diasporas où sont présentes des œuvres d’artistes béninois tout aussi talentueux.

La Biennale Regard Bénin, c’est encore plus de sites d’exposition. Il y a à voir, à découvrir et à revoir jusqu’en janvier 2013. Allons ! Allons scruter le génie des artistes citoyens.

Fortuné SOSSA