« Je prends la parole ». Ce texte poétique de Maya Angelou, déclamé pendant le vernissage de l’exposition « Femmes du monde », rime bien avec le contenu des œuvres. La femme prend la parole depuis ce 21 mars à la galerie Abc de Carole Borna à Cotonou. La femme se mire dans toute sa splendeur sous le charme du décor intérieur de l’espace Abc. Nock, Williams, Paako, Ousmane Sow, Azon Badé, Koblanc, Ayev Médjev et Midy sont les artistes dont les œuvres font l’ossature de cette exposition. A l’origine, l’épouse du Premier ministre, Mme Koupaki. C’est elle la propriétaire des œuvres. Elles ont été triées dans sa galerie, Girot, sis au centre commercial Erevan.

Et le tri est fait de manière très classique. On découvre sur certaines toiles des paysannes, sur d’autres des intellectuelles. En sommes, toutes les catégories de femmes se lisent à travers les tableaux et les sculptures qui meublent cette exposition. Des femmes ordinaires, des femmes très stylées, des femmes fines, obèses, fortes, courtes, la poitrine généreuse par endroit. Un peu de tout pour conclure qu’il s’agit bien des ‘’femmes du monde’’.

Dans cette exposition, le figuratif paraît dominant. Les artistes exposés donnent dans un style de ‘’dé-construction’’ assez professionnel. Sur des toiles, la femme apparaît, filiforme, éraflée au pinceau, à peine visible aux yeux, mais très présente dans l’expression artistique. Mais, sur d’autres supports, elle est très visible. Pas besoin, d’écarquiller les yeux, d’observer longuement. Elles sont bien présentes, en gros plan, à travers les sculptures surtout.

L’exposition semble prolonger la célébration de la journée internationale de la femme, journée célébrée le 08 mars de chaque année. Mieux, les œuvres donnent à voir un appel à une véritable émancipation de la femme. Cette émancipation qui prend en compte le respect des différentes lois de la République. La déclamation poétique qui accompagne le vernissage de l’exposition en dit long. La femme prend « la parole ». Elle s’émancipe des violences qu’elle subit. Elle s’émancipe des différentes pesanteurs psychologiques et sociologiques. Et à Maya Angelou de s’écrier : « M’extirpant des taudis honteux de l’histoire / Hors d’un passé enraciné dans la douleur / Je prends la parole. »

Fortuné SOSSA