Romuald_Hazoum_Bonjour,

Il est rare que j’écrive. Si je le fais aujourd’hui, c’est pour raconter une histoire incroyable, pour la partager avec vous et que vous la partagiez à votre tour. Ce qui m’est arrivé peut arriver à d’autres et il faut être informé.

Du 8 février au 15 mai 2011, l’Irish Museum of Modern Art (IMMA) de Dublin en Irlande a consacré une exposition à mon travail. Cette exposition a ensuite été montrée du 23 juillet au 10 septembre 2011 à la Mostyn Gallery à Llandudno au Pays de Galles.

Pour cette exposition, j’ai prêté un lot de 10 masques, des photos et des peintures de ma propre collection. Les pièces ont voyagé dans 3 caisses, dont une contenait les masques, auxquels je suis très attaché.

En novembre 2011, October Gallery, qui me représente en Grande-Bretagne, me prévient que les trois caisses viennent d’être expédiées de Londres par DHL pour m’être retournée au Bénin où je vis et travaille.

Le 2 décembre 2012, DHL Cotonou m’informe de l’arrivée de 2 caisses, mais la plus petite, celle contenant les masques, manque. Nous avons alors pensé que la caisse était égarée quelque part et qu’au bout de 30 jours, elle serait retrouvée.

Car, normalement, une caisse disparue doit être localisée rapidement car DHL délivre un « airway bill » qui permet de suivre le colis grâce à internet et de savoir où il s’est arrêté en chemin. Leur système de traçabilité permet de le voir. Mais là, aucune trace de la caisse. C’est pas ce que dit leur pub !

Une fois October Gallery informée du problème, elle entreprend une démarche auprès de DHL Londres pour savoir où est passée la caisse. Après 150 emails environ et pas d’avancée, ma galerie londonienne engage un spécialiste pour enquêter. Ce spécialiste envoie un questionnaire à DHL Londres, sans succès. Leur système de traçabilité ne veut toujours pas donner d’indication sur le lieu où pourraient se trouver mes masques.

La caisse aurait dû, comme les 2 autres, partir de Londres mais elle n’est jamais arrivée à Cotonou et personne à DHL Londres ne peut nous dire si elle est bien partie ou alors où elle s’est arrêtée.

Après 2 mois et demi d’échanges, October Gallery a difficilement obtenu l’autorisation d’aller à l’entrepôt de DHL à Londres et à celui de Leipzig en Allemagne (par où passent les envois pour le Bénin) pour chercher la caisse. Malheureusement le jour-J, l’agent de DHL est tombé malade.

J’ai fait intervenir des amis à Londres pour m’aider à atteindre le patron de DHL. En vain. J’ai aussi fait intervenir l’ami d’un ami suisse qui travaille chez DHL en Afrique de l’Est et qui nous a donné le nom de la personne en charge de mon dossier à DHL Londres. J’ai dû activer tous mes réseaux pour obtenir des informations que les agents de DHL auraient dû me donner. Je considère que tous ces gens font mal leur travail. Et DHL nous parle d’« airway bill » ? Quelle traçabilité ? Cela fait 3 mois que ma caisse est portée manquante, DHL nous balade et personne ne peut répondre à ma question : où se trouvent mes masques ?

Où se trouvent mes masques ? La réponse viendra d’un coup de fil d’un monsieur de Dublin qui contacte October Gallery le 15 mars pour me parler personnellement. Pour quelle raison ? Il dit avoir acheté 10 masques lors d’une vente aux enchères d’objets perdus de DHL pour la somme de 40 euros ! October Gallery lui demande d’envoyer un mail, ce qu’il fait en joignant les photos des masques pour nous convaincre qu’il dit la vérité.

Dans son mail, il explique qu’il a vu mon exposition à Dublin et que lorsqu’il assistait à la vente, il a reconnu un masque. Il a pensé que les pièces s’étaient perdues lors du transport et les a achetées. Je lui ai parlé au téléphone et il va restituer la caisse. Nous allons le dédommager et le remercier de nous sauver la mise !

DHL est un grand groupe puissant avec beaucoup de moyens, qui délivrent des paquets et des caisses dans le monde entier. Mais preuve en est que son système est défaillant et que ses employés sont incompétents.

Et non seulement DHL perd une caisse mais il la vend en un temps record aux objets perdus dans un autre pays que celui d’où elle devait partir.

Maintenant j’attends avec impatience de réceptionner la caisse et de voir quelles sont les étiquettes encore collées dessus : à l’origine, il devait y avoir celle de l’expéditeur à Londres et la mienne à Cotonou.

Je précise que pendant tout ce temps, October Gallery et moi-même n’avons pas contacté l’assurance car l’argent ne m’intéresse pas. Ce sont des pièces d’art, qui ont notamment été montrées à la Documenta 12, et ce que je voulais, c’était les récupérer. C’est désormais chose faite. Mais pas grâce à DHL !

Romuald Hazoumè